Récit d’une folie tellement cool

Mission accomplie !

Marie-Claude et moi sommes arrivés à Los Angeles comme prévu, le vendredi 27 mars vers 18 h 20. Ahhhh, 120 heures plus tard (5 jours) top chrono; après avoir quitté le Golden Gate de San Francisco.

820 kilomètres et des poussières en 5 jours ; chaque centimètre roulé sur nos montures de San Francisco à Los Angeles. Nos pires ennemis, et amis parfois : le vent et les 8 000 mètres d’ascension positive du parcours, incluant quelques dénivelés pas piqués des vers à ± 18%.

Marie-Claude: Queen of the Mountain !

2 fois, Marie-Claude a passé proche du découragement suprême, ou du moins… elle pensa à demander un lift pour finir une partie de la ride en pick-up ou autre… On comprendra plus tard que Marie s’est approchée de la déshydratation. On corrigea le tout très vite au jour 3 et elle fut top shape.

Une fois ce fut mon tour de penser littéralement abandonner au jour 3, après 179 kms et des pentes parfois à forts dénivelés, je n’en pouvais plus, mais on verra plus tard comment ma copine vint à ma rescousse. Alors, oui, on a fait les 820 kms au complet sur nos bikes :

à la vie, à la mort comme on dit

…pourquoi je fais cela…?

Tout en respectant nos propres limites et en s’aidant l’un l’autre. Sans mettre notre sécurité en danger.

Avec le vent dans la face et 15 livres de stock dans mes sacoches arrières et un autre 4 livres dans les poches arrières de ma veste de vélo (caméra, 3e bouteille d’électrolytes, bouffes, etc.), j’ai vraiment goûté à la souffrance du biker qui gravit sa ‘petite’ colline comme une chèvre, un coup de pédale à la fois. Mon maximum de charge sur très longues distances (600 kms) étant de 8 livres habituellement. Là, j’en avais 19 au total… argh.

Nos boîtes de transport nous attendaient au terminus Greyhound de L.A., sauf qu’elles y étaient arrivées 4 jours avant nous. Quelle logistique ce voyage, je crois qu’on pourrait donner des conférences maintenant sur le sujet, Marie-Claude et moi.

Tellement de fun dans une boîte

Les premiers 3 jours furent particulièrement difficiles, car nous avons affronté toutes les montées de ce parcours très escarpé, sans aucun détour…

La mer toujours à portée de vue avec son odeur salée. Le vent, lui, souvent totalement défavorable à 20, 25 et 30 km/h soit de face ou de côté/face (aussi pire).

De temps en temps nous avions ces petits moments magiques de descentes de ce que nous avions escaladé, mais chargés comme nous l’étions, et avec cette légendaire route 1 tortueuse escarpée et abrupte ; notre maximum vers le niveau de la mer ne devait jamais dépasser 40 à 50 km/h ; nos freins nous auraient littéralement pété dans les mains, ou pire, nos pneus auraient explosés sous la chaleur intense et le freinage dément des descentes de malade.

Ou encore, on aurait juste passé tout droit vers une falaise et ses cousines les grosses roches. Pas énormément de remparts ou gardes-fous dans le coin. En consultant mes stats de route à mon retour à Montréal, je n’ai jamais roulé plus de 57 km/h en descente ; ce qui est très sécuritaire dans les circonstances, mon maximum sans charge étant habituellement de 65 km/h.

Je laisse aux autres les envies d’enregistrer des scores à 90 km/h à vélo… ce n’est pas dans mon département.

Par certains moments le vent venait du nord, dans notre dos, ouf… nous avions l’impression alors de littéralement voler à 42 km/h sur le plat avec les vagues déferlant férocement à quelques mètres de nous. Et bien des fois, des surfeurs, et des dauphins (on pense), nous suivaient quelques brèves secondes sur leurs puissantes montagnes d’eau.

Faut-il rappeler que nous faisions seuls, Marie et moi cette ambitieuse randonnée.

  • Zéro soutien externe
  • Pas de groupe organisateur
  • Pas de véhicule de support
  • Pas d’assistance mécanique
  • Pas de cocktail de bienvenue le soir à l’arrivée
  • Pas de transport de bagages
  • Pas de backup…

Nous deux seulement et l’intransigeante Pacific Coast Highway, avec tout ce dont nous avions besoin sur nos bikes.

Tu ne l’as pas avec toi le truc qui manque en chemin? Ben…, c’est ça qui est ça !

Marie transportait 9 livres de matériel : mécanique, pneus, outils, chambres à air, kit de patches pour quand tu as épuisé tes chambres à air, bouffe, électrolytes pour l’eau, trousse minimale de toilette, bidules électroniques de base (chargeur électrique en backup pour nos GPS et un iPhone, câble USB de rechange, etc.).

Il faut savoir que MC et moi sommes équipés de dynamos intégrées directement dans les moyeux avants de nos roues. Alors, alimentation permanente de nos phares et feux de route ainsi que charge constante de nos Garmin (bidule de navigation GPS).

Pas le temps de lire une carte routière sur 2 roues, vaut mieux avoir nos ti-quenoeils sur l’asphalte qui défile en avant !

L’expérience des longues distances nous a enseigné que la pile d’un GPS en mode guidage de navigation routière lâche bien avant la fin d’une randonnée de 10 heures et plus ; dynamo is the way!

Moi, je bourlinguais 19 livres de matos : notre linge à nous 2, le strict minimum pour une semaine sans aucune valise de voyage. Nous devions pouvoir nous habiller en long comme les cyclistes disent : pour nos départs du matin au lever de soleil et pour nos arrivées au coucher du jour sous un mercure habituellement de 10 Celcius. Avec les forts vents de la côte ouest, pas une bonne idée de rouler maillot et jersey straight la peau à l’air, à moins de tenir vraiment à pogner une pneumonie au 1er jour.

Deux jours sur les cinq de route, nous arrivâmes à la noirceur suite à d’interminables kms en montagnes et 14 heures de selles sur nos bikes.

Mon dynamo est mort, mais Marie-Claude me guide !

Ce soir-là, ma souffrance m’arracha des pleurs à l’arrivée de nos 179 kms de la journée en montée sous des vents défavorables et pentes un peu salées. Mes jambes et mes genoux étaient finis… et Dieu sait que je peux en prendre dans la gueule avant de chialer.

Je dis encore merci à ma blonde qui me sauva les fesses en me protégeant du vent pendant ces 14 heures d’épreuve certaine ; je n’aurai pas terminé sans le courage de Marie et sans ses nombreux encouragements.

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Marie la machine range son bike dans un bunker à munitions (really) !

Il fallait pouvoir se vêtir en court : pour la majeure partie de nos journées, avec des moyennes de 20 degrés Celcius. Un 20C qui se transforma en 25 et 28 au thermomètre en descendant de plus en plus vers le sud à partir du jour 3.

Il nous fallait impers et chaussons de néoprène pour les cas de pluie combinés au temps froid de début et fin de journée. Mais force fut de constater que la Californie subit en ce moment une période de sécheresse majeure avec toute une pénurie d’eau omniprésente dans tous les établissements que nous visitions. La pluie, de la bruine plutôt, on en aura que 20 petites minutes sur une semaine !

Le reste du temps… plein soleil et sécheresse !

Dans notre démence d’ultra distance en automonie totale, Marie et moi furent bénis des dieux : une seule crevaison pour moi sur ma roue arrière, un bris de mon phare de nuit dynamo, mais Marie avait le sien alors pas de soucis pour ouvrir le chemin sur les 2 jours d’arrivée dans le noir. Pour ce type de ride, un back up de tout, vraiment tout, est un MUST (sauf le bike lui-même).

Pas de chutes à vélo, zéro accident, aucun problème de santé.

De la chance ? Un peu oui, mais de l’expérience et une préparation quasi militaire nous permirent de triper solide sur la route au lieu de paniquer sous une avalanche d’avaries pour lesquelles on aurait été mal préparés, ou peu équipés.

Good luck coconut !

Nos bikes étaient inspectés de fond en comble et mis au point par notre mécano favorie de chez Quilicot (Marielle Levine), nous avions des pneus pratiquement increvables faits pour les longues distances et pour les routes remplies de cossins imprévisibles.

Quilicot… un nom à retenir, car Marc-André Lebeau nous parraine généreusement pour notre saison 2015 d’entraînements en vue de notre participation au légendaire Paris Brest Paris en août prochain. MC et moi devrons alors effectuer 1 200 kms incluant 10 000 mètres de dénivelé sous la barre d’un chrono maximum de 90 heures… ouf.

Un chaleureux merci à vous, toutes la gang de Quilicot !

Notre pitance de route… Elle était à 75% notre bouffe transportée avec nous : pas de mauvaises surprises non plus de ce côté en pognant la gastro du jour au bistro du coin.

Bubblegum Alley – San Luis Obispo

Oui nous avons mangé local les deux pieds par terre, mais seulement aux pauses naturelles des déjeuners, dîners et soupers.

Et non, on n’a pas léché les bubblegums de San Luis Obispo ! Deux murs supers longs tapissés de ces douteuses chiques…

Autrement, bouffe de bike pour vilains efforts (de la barre Cliff ad nauseam). Pas super le fun et ultra monotone de se nourrir ainsi, mais le feu n’éteint pas dans la fournaise et les risques de soucis réduisent grandement.

En passant, si vous allez à L.A., il faut absolument manger un taco à 3 piastres chez Roast to Go (established in 1952) et quelque chose au China Café du Grand Central Market. Menoum menoum sérieux, mais ne faites pas ça en plein milieu d’une ride longue distance OK ?

Marie et moi on vous jure que ça vaut la peine, mais ça prend un petit sofa après pour ‘processer’ le tout.

Pour la bouffe sur 2 roues de toute façon ; il faut savoir que pour rouler 10 heures et plus de suite sous efforts intenses, il faut manger et boire aux 20 minutes en roulant, sans arrêt, ça fait que… faut pas trop compter sur les dépanneurs du coin parce que :

  1. Il n’y en a pas, ou parfois ils sont espacés de 80 kms et tu ne vas pas nécessairement t’enfiler un Whopper bacon fromage pour tes prochaines 60 bornes.
  2. Si tu bois ou manges seulement lors d’arrêts très espacés, ta journée va se terminer vite vite vite en 3-4 heures dans un grand lit et ta distance quotidienne ne sera pas réalisée. Ça sentira l’échec ou l’abandon quoi… Les cyclistes disent alors que tu as ‘bunké‘ (game over).
  3. Si tu manges plein de patentes ramassées en chemin, tu risques de ne pas alimenter ta machine correctement et surtout… tu peux te mettre à arrêter tout partout pour visiter les champs avec ton système interne totalement bousillé, sans compter de légers désagréments sur ta selle (de bicike s’entend…) !

Des beaux souvenirs à plus finir et des surprises inattendues… On a ri, mais quelques fois un peu jaunes et arides étaient nos sourires.

On a traversé des champs à perte de vue faisant pousser à l’échelle industrielle tout ce que l’on retrouve dans notre IGA du coin l’hiver. Céleris, citrons, oranges, salade, brocolis, tous charroyant un bouquet intense d’odeur de verdure et de basilic, menthe et surtout… des fraises… ZE FRAISES !

Pour ça, on s’est arrêtés. Pour ça, on s’est assis 20 minutes sur des vraies chaises… parce qu’elles étaient fraîchement cueillies (pas les chaises).

Et… wow ; le seul temps où on s’approche un peu de ça au Québec, ça ne dure que quelques jours. Et sérieux, j’ai mangé les plus succulentes fraises de ma vie la semaine passée en Californie. Gorgées de sucre, mûres, rouges comme des gros coeurs saignants, ouf, jouissance.

Il y a eu ces matins féériques, le soleil à peine levé, et nous, roulant au travers d’un léger brouillard. Tons de pastel, chants incessants des vagues fortes qui frappent les falaises de la mythique Pacific Coast Highway (route 1). Lumière magnifique sur tout ce qui tombe sous l’astre jaune.

Des segments de la 1 ou j’ai marqué au compteur de mon odomètre pas loin de 2 kms ininterrompus de caravanes/roulottes toutes cordées une à la suite de l’autre pour quelques nuits j’imagine ; sans aucun espace de libre.

Il y a ce moment tellement stressant ou Marie doit s’arrêter immédiatement parce qu’une bestiole vient de rentrer dans son jersey. Faisait ben chaud, alors il y a avait une petite prise d’air d’ouverte en bas de son cou. MC crie, il y a de quoi, c’est gros et ça bourdonne d’aplomb dans sa poitrine !

Je capote, mais je ne le montre pas, je la supplie de rester calme, de ne plus bouger… Les voitures filent à ma gauche sur la PCH… Je ne sais pas si Marie est allergique.

On n’a pas d’EpiPen…

Marie-Claude vire une partie de son jersey, et je vous jure que l’envie du moment est loin du strip-tease… Elle est là, une méchante grosse abeille. Oui, bibitte à bon Dieu, mais non, faut pas qu’elle pique ma Marie… Je lui demande, l’implore de ne pas bouger d’un iota, l’abeille et MC…

Je ne donne pas mes intentions à ma blonde, mais j’ai déjà décidé que si cette abeille sévit aujourd’hui ce sera sur moi.

J’approche ma main doucement du B-52… et BANG ! Coup magistral et sans équivoque du revers de ma main sur la chose… c’est elle ou moi.

Elle revole au loin sur l’asphalte et nous épargne une réplique… Je ne me souviens plus de la suite… Elle repart à voler ou reste sonnée sur l’accotement, je ne sais pas ? Je suis déjà dans les bras de ma douce à lui faire un gros câlin. On remercie notre bonne étoile que cet épisode ne se soit pas produit dans une montée, car MC n’aurait pas pu s’arrêter, sans risquer de se blesser gravement.

Marie-Claude me clenche loin devant…

Car un arrêt immédiat dans une montée abrupte avec des souliers « clipés » sur tes pédales de vélo égal chute instantanée de la cycliste avec sa monture et prions le seigneur pour qu’il n’y ait pas de voiture qui passe au même moment où tu te retrouves en plein milieu de la chaussée avec une abeille dans ton chandail qui s’amuse à « trouve-moi sinon j’te pique! ».

Depuis notre retour on me demande beaucoup :

« mais votre linge Yves…? Vous n’aviez pas grand-chose ? »

Pas grand-chose est le terme à retenir. Alors notre ‘drill‘ planifié ressemblait à : « on va laver nos vêtements de bike aux 24~48 heures et on va porter un kit de rechange en alternance ».

Sauf que…

  1. Il y a bien des fois où nous étions toastés des 2 bords à l’arrivée le soir, et oups… on oublie ça le laundromat improvisé dans le lavabo de la salle de bain. Demain, ça sentira la ferme laitière dans notre sillage ! (mes excuses à mon ami Simon Bourdeau qui travaille sur la ferme des parents)
  2. Il y a des morceaux de linges qu’on ne pouvait pas avoir en double, car notre charge sur bike aurait été malsaine. Ça fait que… gant de vélo, veste coupe/vent, survêtement manches longues et souliers de bike oscillaient davantage après 3 jours dans le département des relents de site d’enfouissement pour grosse agglomération !

P1070528Cette fois-là, lors d’un dîner à l’arrêt dans une sandwicherie branchée full clientèle business…, ma blonde me chuchota à l’oreille :

« non, mais c’est affreux mon amour comment tu pus en yable…! »

Oui, cette fois-là je me suis dit que l’amour n’est pas aveugle, non… Je me suis plutôt dit :

l’amour n’a pas d’odeur !

Mon amour, tu pus en yable !

Et que dire de ce soir où notre point d’arrivée est un bled perdu avec PAS de services nulle part, et en plus on est arrivés trop tard, et bien trop maganés pour se changer en civil et pour se taper 2-3 kms en gougounes de plage pour se trouver un resto.

Apocalypse Now…

Alors le plan c’est : on se lave et on met nos pyjamas d’office, c’est à dire : une paire de bobette et un t-shirt et on se call une pizz.

MC étant pyjamatée avant moi, je lui dis que je me grouille pour pouvoir répondre à la porte quand le livreur de notre pizza sonnera au motel (je suis un gentleman quand même). Mais je suis encore dans la douche, quand le mec se pointe !

Marie en pyjama sommaire, entends la sonnette…

Oh, moi je ne suis pas libre pantoute !

Alors elle ouvre la porte au livreur illico; on a faim nous autres!

Marie me jure que le gars de la pizz n’a rien dit, je la crois, tellement…!

Il était beaucoup trop occupé à se demander c’est quoi ces 2 extra-terrestres avec leurs vélos déglingués; le matériel éparpillé partout sur le plancher de la chambre, et leurs costumes d’Halloween !?

Il se passe des trucs bizarres au Motel 6…

Vous allez sur la côte ouest et sur la route 1, en vélo ou en voiture? Vous ne pouvez pas ignorer le 17 Miles Drive.

17 Miles Drive Golf Course

À voir, non négociable. Une communauté très privée et disons-le, dans le très aisée avec SES terrains de golf sur place, et longeant la mer…

D’une beauté sans nom, surtout si vous pouvez y passer très tôt le matin au lever du soleil. Vous y verrez des dizaines et dizaines de personnes entretenant le site dans un brouillard de ouate, enrobant toute la végétation de crinolines blanches et vertes. Juste ahurissant comme expérience.

Nous aurions tellement aimé que le père de Marie-Claude voit cela, lui Jean-Louis, le maniaque de golf et des grands espaces.

Et que dire de notre odyssée du départ de Los Angeles avec nos boîtes de vélo !

Oh boy, j’ai cru que l’on n’y arriverait pas… Ces boîtes-là, c’est vraiment gros et ça ne rentre pas dans une voiture ; du moins, pas deux boîtes. Marie et moi on le sait et on demande toujours un taxi fourgonnette pour transporter nos petits trésors empaquetés avec tant de soins et durant bien des heures.

La veille au soir, je demande au « front desk » de nous commander un taxi fourgonnette pour le lendemain 18h pour l’aéroport.

Le matin même après déjeuner, je vérifie à nouveau que la minivan est planifiée pour 18h… une minivan right ?

Un peu plus tard en revenant à l’hôtel, je revérifie encore avec la personne au comptoir.

Oui, oui, monsieur Ferland, une minivan sera là tout à l’heure pour vos grosses boîtes de vélos.

Bin quin la fourgonnette…!

À 18h 10 elle se pointe notre surprise, un Lincoln Continental version limousine extra-large, genre paquebot, but still a car, not a minivan !

Le chauffeur habillé sur son 36 sort de sa limo et nous regarde en riant…

« you want these into my car !? And by the way, what is this stuff? »

On se dit que son char est gros comme un tank, alors on va essayer, car il se fait tard et on doit se pointer à l’aéroport.

  • Ouvre le coffre du navire, rentre une boîte… quand même…
  • Mais la 2e, on o.u.b.l.i. ça. Je commence à pogner les nerfs et je dis à Marie : « on call une minivan right away ».
  • Mais le chauffeur est super chic et tout un gentleman ; il me dit : « we can probably fit these 2 boxes on the rear seats » What? Les 2 boîtes sur les sièges arrières !? pis MC et moi on va s’asseoir sur le toit, ou dans la valise ?

Mais le chauffeur insiste, il connaît son porte-avions mieux que nous. Rentre une boîte… gosse en masse avec les bancs avant… Moi aussi je gosse assis sur la première boîte, les jambes en dedans et le reste du corps à l’horizontale qui dépasse sur le trottoir.

Yves au Cirque du Soleil

Le chauffeur et moi on en arrache comme des possédés à rentrer la 2e boîte. Pendant que Marie se bidonne et nous prend en photo, une chance, parce qu’il faut bien en rire rendu là…

Bingo, on ne sait pas comment, mais la 2e boîte finie par renter dans le 3 1/2 semi-meublé du Lincoln. Il reste un coin de lilliputienne juste assez gros pour y placer mini MC.

Moi, je me ramasse en avant avec notre sauveur ; un Éthiopien immigré aux États-Unis depuis l’âge de 19 ans. Disons que rentrer les 2 boîtes de bikes dans son Lincoln ne fut pas l’épreuve la plus dure de sa vie. On se met à jaser les 3 pendant qu’il nous conduit à temps vers notre vol de retour.

Je lui dis :

« Sir, you’re a gentleman, thank you for your great help and your nice attitude. I was so worried we would ruin your car by desperatly trying to fit these boxes in »

Il me répond du tac au tac :

« but YOU did! »

Je deviens blème… et vraiment mal à l’aise… Il attend, c’est un pro de la joke ce gars… Et il se met à rire !

Je lui dis :

« Boy, you scarred me, I really tought we had ruined your car, and I was worried about hurting your back as well lifting these heavy boxes »

Et il en rajoute :

« You ruined my back too ! Believe me ! As a matter of fact you 2 just messed up my entire day ! »

Silence grave… on rit pu là…

Et il part à rire comme un barjo et nous disant que tout est vraiment beau et qu’il voit l’amour dans nos yeux à Marie et moi et que c’est jolie à voir…

« Everything is allright MC and Yves… you did not ruin anything, I just had a great time with you guys… have a very nice flight! »

Et on en a eu tout un « nice flight »…

À peine assis depuis 2 minutes et ayant négocié avec une autre passagère pour que Marie et moi soyons assis ensemble. L’agent de bord vient nous voir pour nous annoncer qu’il doit choisir 2 personnes voyageant ensemble pour les déplacer de sièges.

Tout ce qu’il dit c’est :

« it might be your lucky day folks »

Well… ce le fut ! Car Marie-Claude et moi on se ramassa en première classe pour cause de siège défectueux et bla-bla de sécurité.

naaaaaaah, je suis en première!

Oui, la vie est belle, et oui j’ai accepté un verre de vin avec notre repas de 1ère ce soir-là, entre L.A. et Toronto ; avec ma douce folle Marie.

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2 réflexions sur “Récit d’une folie tellement cool

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